Réservations
L'entrée est gratuite et ouverte au public pour le concert CIRMMT reçoit : Quasar — Série Électro (10e Édition), mais il est nécessaire de réserver ses places en ligne via ce formulaire MS.
Les étudiant·es du CIRMMT qui souhaitent que leur présence soit prise en compte pour l'attribution des bourses sont priés de réserver leur place.
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Programme
Gordon Fitzell : liminal spaces: a study in five acts (2026)
Pour quatuor de saxophones, dispositif sonore immersif, vidéo synchronisée et objets trouvés. Durée : 14'
Liminal spaces: a study in five acts (les espaces liminaux : une étude en cinq actes) est une œuvre multimédia mettant en scène un quatuor de saxophones, un dispositif sonore immersif, une vidéo synchronisée et une série d'objets trouvés. Ces objets — talkies-walkies, boîte à musique, lampe de travail à incandescence et téléphone à cadran rotatif — sont autant d'appareils « rétro » emblématiques du XXe siècle, destinés à évoquer ce sentiment de nostalgie souvent associé aux espaces liminaux.
La liminalité désigne l'entre-deux ambigu, un état transitoire situé au seuil de deux étapes, conditions ou espaces distincts. Au-delà de cette acception générale, le concept s'est étendu à une esthétique née d'Internet, où les lieux vides ou abandonnés ne sont plus seulement ambigus, mais deviennent étranges, désolés, surréalistes et empreints de nostalgie. En mêlant le quatuor de saxophones aux technologies anciennes et nouvelles, je cherche à exprimer des notions élargies de la liminalité ainsi que les états émotionnels qui y sont rattachés.
L’œuvre se compose en cinq mouvements explorant chacun une manifestation différente de la liminalité par le son et l'image : les aéroports, les centres commerciaux, les hôpitaux, les stationnements et, enfin, le concept d’hétérotopie (ces espaces distincts et parallèles fonctionnant comme des « mondes dans des mondes »).
Alithéa Ripoll : COCKS IN HELL, DEMOISELLES - Débugue-toi, lady ! (2026, Première canadienne)
Pour quatuor de saxophones et électronique en spatialisation (haut-parleurs et casques à conduction osseuse). Durée : 15'
« Qu’elle est mignonne ! » Sous ce prétexte, peut-on la toucher ? NON ! Que ce soit une coccinelle (ladybug) ou une femme. STOP !
Le titre provocateur est tiré de celui la comptine Coccinelle demoiselle, avec une homophonie toute relative. La pièce traite dans l’ordre des agressions, du traumatisme qui en découle, de la possible réponse grâce aux techniques d’autodéfense et de la décontraction désirée. On y aborde aussi la vigilance à avoir dans un monde où les acquis des femmes se défont plus vite qu'ils n'ont eu le temps de se consolider. Dès lors, le passage de l'enfance à l'âge adulte peut parfois paraître agressant, voire violent.
Différents outils technologiques sont employés : Motion Capture, dôme de haut-parleurs et casques à conduction osseuse (spatialisation mixte). Le tout permettant une expérience la plus immersive et individuelle possible. De plus, dans une visée interdisciplinaire, le quatuor de saxophones (Quasar) mêle techniques d’autodéfense et musique.
Oliver Schneller : Saqua - into the Deep (2025/26, Première canadienne)
Pour quatuor de saxophone et son multi phonique. Durée : 13,5'
Mon projet avec Quasar repose sur la mise en relation du son instrumental — produit par le quatuor de saxophones — et de prises de sons de terrain transformées, le tout au sein d'une architecture acoustique virtuelle contrôlée. J’ai sélectionné un ensemble de sons enregistrés dans divers océans du monde, ainsi que dans des scénarios aquatiques plus insolites (tremblements à courte portée captés sous l'eau à l'aide d'un géophone, enregistrements de la réponse d’objets métalliques aux changements de courants et aux mouvements des vagues).
La pièce construit un espace sonore immersif dans lequel les actions performatives des musiciens déclenchent des réactions spatio-acoustiques autour d'eux — des réponses acoustiques au sein d'un espace étendu par l'électroacoustique. Au fil du temps, un espace de résonance texturé et ondoyant émerge des impulsions des musiciens, les situant dans un « biotope » de plus en plus complexe, évoquant de manière plus ou moins concrète l’espace sonore remarquable de nos océans.
Sous l'eau, le son voyage beaucoup plus rapidement, est filtré différemment et présente des diagrammes de directivité radicalement distincts de ceux de l'air. Mon objectif est de recréer en quelque sorte ce phénomène dans un espace de performance, et d’en déduire une syntaxe et une forme compositionnelles.
J’aimerais ajouter une note sur ma motivation personnelle, au cours de la dernière décennie, j'ai navigué et plongé dans différents océans et plans d'eau, en enregistrant systématiquement une vaste gamme de sons. L'eau a toujours joué un rôle essentiel dans mon travail, ma vision du monde et ma vie. Mais ces dernières années, je me suis de plus en plus concentré sur la provenance écologique et biologique du son aquatique. La bioacoustique marine est devenue l'un de mes centres d'intérêt principaux, et je cherche désormais des moyens d'intégrer ces découvertes dans mon processus de composition.
Corie Rose Soumah : the flower of having passed through paradise in a dream (2026, Première candadienne)
Pour quatuor de saxophones, mélodicas et électroniques. Durée : 16'
The flower of having passed through paradise in a dream pour quatuor de saxophones, mélodicas et électroniques, met en musique quatorze tableaux basé sur la poésie de la poète Emily Carr établie en Oregon, le tout en explorant les écrits philosophiques de José Esteban Muñoz sur l’éphéméralité et temporalités queer. La pièce combine des épithètes et des réalités luisantes au travers divers lieux temporels, où passé, présent, futur et artefacts sonores s'embrassent à travers des unités fragmentées.
Biographies
Gordon Fitzell

Gordon Fitzell est un compositeur, improvisateur et artiste sonore canadien dont l’œuvre — décrite comme « étrange, palpitante et hypnotique » par le New York Times — explore les intersections inattendues entre cultures classique et populaire, dans des contextes acoustiques, électroacoustiques et interdisciplinaires. Il a collaboré avec de nombreux ensembles internationaux, dont le BIT20 Ensemble, eighth blackbird, ensemble mosaik, l’Ensemble Orchestral Contemporain et PianOrquestra, ainsi qu’avec les formations canadiennes ECM+, Ensemble Paramirabo, Standing Wave, Aventa Ensemble et Trio Fibonacci.
Sa musique, dirigée par Robert Aitken, Daniel Kawka, Véronique Lacroix, Reinbert de Leeuw et Bramwell Tovey, a été présentée dans des festivals majeurs tels que Darmstadt, Huddersfield, le Pan Music Festival, Tanglewood et le Winnipeg New Music Festival. Ses œuvres figurent sur des albums primés aux GRAMMY Awards, aux Prix Opus, ainsi que nommés aux JUNO et aux West Coast Music Awards.
Fitzell est compositeur agréé du Centre de musique canadienne, professeur de composition à la Faculté de musique Desautels de l’Université du Manitoba, directeur de l’eXperimental Improv Ensemble et co‑directeur artistique de Groundswell.
Alithéa Ripoll

À la suite d’un master en composition au Conservatoire de Liège, Alithéa Ripoll y enseigne comme assistante avant de suspendre ses activités pédagogiques — notamment comme responsable du Centre d’Art Vocal et de Musique Ancienne de Namur — pour entreprendre un doctorat en composition et création sonore sous la direction d’Ana Sokolović à l’Université de Montréal. Elle devient également assistante à la programmation pour le Groupe Le Vivier.
Portée par l’interdisciplinarité, elle développe de nombreux projets avec divers artistes. Plus d’une soixantaine de ses œuvres ont été interprétées par des ensembles tels que Musiques Nouvelles, Laps, Hopper, Paramirabo, Sepia, le trio Spilliaert, Fractales, Sixtrum et le NEM, ainsi que par de nombreux artistes extra‑musicaux.
Ses pièces sont régulièrement jouées dans des festivals en Belgique et à l’international (Pays‑Bas, France, République tchèque, Pologne, Espagne, Chili, Québec). En 2021, elle reçoit une bourse d’études de l’UdeM et une subvention de la Fédération Wallonie‑Bruxelles pour Rencontre sous notre Lune.
Corie Rose Soumah

Corie Rose Soumah est une compositrice canadienne (QC) établie à New York. Sa pratique explore le modelage de matériaux sonores fracturés et recomposés à travers des hyper‑collages et une gestualité physique viscérale. Elle s’intéresse particulièrement aux multiplicités esthétiques issues de géologies afrodiasporiques, qu’elle aborde par la superposition de médiums acoustiques, électroniques et analogiques.
Lauréate du Prix de composition 2025 du Prix d’Europe et de plusieurs distinctions de la Fondation SOCAN, elle a fait entendre ses œuvres auprès d’ensembles tels que l’International Contemporary Ensemble, le Quatuor Bozzini, Ensemble Itinéraire, Longleash, Hypercube, Ekmeles, Paramirabo, Sixtrum, Contemporary Insight, New Music Concerts et Wet Ink. Ses pièces ont été présentées notamment à Darmstadt, TIME:SPANS, Gaudeamus, MaerzMusik, Musica, MATA et à la salle Bourgie.
Ses projets récents incluent une commande pour ICE, une œuvre pour Elaine Mitchener, un quatuor pour Quasar et un autre pour le Quatuor Bozzini.
Oliver Schneller

Oliver Schneller (né en 1966 à Cologne) a étudié la composition au New England Conservatory et à l’Université Columbia, où il a obtenu son doctorat sous la direction de Tristan Murail en 2002. De 2002 à 2004, il a été compositeur en recherche à l’IRCAM à Paris. Son travail se concentre sur l’intégration des instruments, de l’espace architectural et du traitement informatique en temps réel, souvent au moyen de dispositifs spatialisés avec haut‑parleurs distribués.
Actif également comme saxophoniste en musique classique et en jazz, il s’est produit avec le George Russell Bigband, John Zorn, Tan Dun, le Tanglewood Symphony Orchestra et le Gustav Mahler Youth Symphony sous la direction de Seiji Ozawa.
Lauréat du Prix de Rome, du Prix Siemens 2010 pour la composition et de la chaire Edgar‑Varèse, il voit ses œuvres interprétées par des ensembles tels qu’Ensemble Intercontemporain, Ensemble Modern, musikFabrik et l’Orchestre National de France. Il est professeur de composition au Conservatoire Robert‑Schumann de Düsseldorf et fondateur du laboratoire SoundCube.
Quasar quatuor de saxophones

Réputé pour son énergie, sa sonorité unique et son audace novatrice, Quasar explore les multiples facettes de la création musicale depuis sa fondation en 1994. Ensemble hautement polyvalent, il se distingue par une maîtrise remarquable d’un vaste éventail d’esthétiques, allant des œuvres acoustiques et de l’improvisation aux technologies de pointe, au théâtre musical et aux productions multidisciplinaires.
Leur excellence artistique leur a valu 11 Prix OPUS du Conseil québécois de la musique, dont le prestigieux prix Artiste de l’année, confirmant leur statut parmi les ensembles contemporains les plus influents au Canada.
Véritable moteur d’innovation, Quasar se démarque par ses collaborations étroites avec les compositeur·trice·s d’aujourd’hui. Plus de 200 œuvres ont été commandées et créées par le quatuor, contribuant de manière significative à l’évolution du répertoire contemporain.
Basé à Montréal, l’ensemble présente sa propre série de concerts et se produit au Canada, aux États‑Unis, au Mexique et en Europe, notamment dans des festivals comme Busan Maru, Ars Musica, SALT et Tonlagen.
Remerciements
Parmi les partenaires de cet événement, on compte :
