Cette conférence aura lieu à Tanna Schulich Hall (entrer par niveau 2), suivie d'une réception avec traiteur dans le hall du Pavillon de la Musique Elizabeth Wirth. Cet événement est gratuit est ouvert au grand public.
*Veuillez noter que cette conférence se déroulera en anglais.
Inscription
Aucune inscription n'est requise pour cet événement.
**Pour les étudiant·es du CIRMMT qui souhaitent que leur présence soit prise en compte pour l'attribution des bourses, veuillez scanner le code QR disponible à l'entrée de la salle Tanna Schulich.
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Résumé
Au cours des dernières décennies, une série d’évolutions culturelles et technologiques récentes a conduit à la reconnaissance — même dans les milieux universitaires — de la composition et de l’interprétation comme des domaines pertinents de la recherche artistique (axée sur la pratique). Parallèlement, les initiatives créatives dans le domaine du son et de la musique se sont tellement diversifiées qu’on considère aujourd’hui plusieurs formes d’« art sonore » comme indépendantes des notions génériques et bien établies de la « musique » (bien souvent, elles aient émergé de ce qu’on aurait autrefois qualifié de pratiques de « musique expérimentale »).
Dans cette conférence, je voudrais donner un aperçu de mes propres projets créatifs, dans lesquels il me semble que la création musicale et la recherche se sont nourries mutuellement au point de ne parfois plus faire qu’un.
Par ailleurs, au-delà de l’aspect personnel, je voudrais mentionner plusieurs compositeur·rices internationaux (des cent dernières années environ) dont l’œuvre semble en effet, rétrospectivement, répondre aux exigences formelles de ce que le monde universitaire est aujourd’hui prêt à accepter comme « recherche artistique en musique ». Je soutiens que ce dernier point contraste avec le parti pris intra-académique de la plupart des généalogies de la recherche artistique actuellement acceptées, et qu’il contribue à réévaluer le rôle fondamental que les artistes-chercheur·euses d’aujourd’hui devraient reconnaître à une pluralité de tendances récentes et moins récentes de l’art expérimental. Je suggère que ce récit généalogique différent a des implications épistémologiques pour les perspectives actuelles et futures de la recherche artistique dans le contexte social et culturel plus large (y compris les perspectives actuelles et futures de la composition et de l’interprétation).
Agostino Di Scipio
Compositeur, artiste sonore, chercheur, enseignant. Né à Naples (1962). Diplômé du Conservatoire de L’Aquila. Titulaire d’un doctorat de l’Université Paris 8, avec un travail de recherche axé sur la pratique portant sur la notion de « liveness » dans les performances hautement médiatisées. En tant que compositeur, il travaille avec divers supports (musique assistée par ordinateur, musique de chambre, électronique en direct et installations sonores). Au cœur de sa pratique créative se trouvent des méthodes originales de génération et de transmission du son, ainsi que l’exploration de réseaux d’interactions sonores « homme-machine-environnement » qu’il conçoit lui-même. Artiste en résidence dans plusieurs institutions à travers le monde, notamment au sein du DAAD Künstlerprogramm de Berlin (2004-2005). En 2011, la Galerie Mazzoli à Berlin a accueilli une exposition solo de ses installations sonores. Avec le pianiste Ciro Longobardi, Di Scipio a élaboré une réalisation sous forme de concert complet de l’œuvre Electronic Music for Piano de John Cage (Biennale de Venise 2012). Avec le saxophoniste et hacktiviste Mario Gabola, il a formé un duo de scène utilisant des circuits analogiques recyclés. Avec Dario Sanfilippo, il a lancé le projet Machine Milieu, qui explore les dynamiques chaotiques et les comportements autonomes dans les systèmes multi-agents. Sa production comprend également trois œuvres de théâtre musical de chambre, associant lecture de poésie et électronique : Tiresia (avec le poète Giuliano Mesa), Sound & Fury (d’après des extraits de La Tempête de Shakespeare) et Umano Post Umano (avec l’artiste plasticien Matias Guerra). Parmi les études consacrées à l’œuvre de Di Scipio, on peut citer un numéro spécial de Contemporary Music Review (2014) et l’ouvrage collectif Polveri sonore. Una prospettiva ecosistemica della composizione (La Camera Verde, Rome, 2013).
Ses enregistrements sont disponibles auprès de divers labels (RZ Edition, Neos Records, Chrysopeé Electronique, Wergo, Neuma, Stradivarius, Die Schachtel, etc.) et de plateformes de streaming en ligne (Toxo Records, Vajero Experimental, Redshift Records, Tone List, etc.). Il a été professeur titulaire de composition électroacoustique au Conservatoire de Naples (2001-2013) et occupe aujourd’hui le même poste à L’Aquila, où il dirige également le programme de doctorat en recherche artistique en musique. Professeur Edgard Varèse à l’Université technique de Berlin (2007-2008), professeur invité à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign (2004), au CCMIX (Paris, 2001-2007) et dans plusieurs autres institutions, il a rejoint diverses équipes de recherche en Italie et dans d’autres pays européens. Discours d’ouverture à l’Int’l Computer Music Conference 2013 (Perth, E. Cowan University) et à l’Artificial Intelligence Music Creativity Conference 2021 (TU Graz), entre autres.
En tant qu’universitaire et chercheur, Di Scipio a donné des conférences sur des questions liées à l’histoire, à l’analyse et à la politique des technologies du son et de la musique, et a publié de nombreux ouvrages sur ces sujets. Il est l’auteur de monographies telles que Pensare le tecnologie del suono e della musica (Editoriale Scientifica, 2013) et Circuiti del tempo. Un percorso storico-critico sulla creatività musicale elettroacustica e informatica (LIM, 2020). Rédacteur invité du Journal of New Music Research (numéro spécial consacré à Iannis Xenakis, 2002), il a été rédacteur en chef de diverses publications, notamment Universi del suono de Xenakis (LIM, 2003), Genesi e forma de Gottfried Michael Koenig (Semar, 1995) et Heidegger, Hölderlin & John Cage (Semar 2000).